Epicentre Documentaires

Rencontres Documentaires n°1 : Franchir la barrière
Les 18, 19 et 20 juin 2021
Papeterie Pasdeloup, 14 Puyberaud, Moutier d'Ahun (Creuse)

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Trois jours de moments où l’on regarde, on écoute et on partage les questions éthiques qui traversent le cinéma documentaire et toucher du doigt, peut-être, ce qui fait la magie du cinéma.

PROGRAMME
Présentation détaillée du programme :

// Vendredi 18 juin
17:00 : Ouverture des rencontres

Le programme de ces trois jours dédiés aux rencontres documentaires est issu d’une réflexion autour de l’image tournée et l’image montée ; comment accueillir l’image montrée nécessitant, ou pas, un accompagnement dans son recueil. Lê Quan Ninh, musicien percussionniste, ouvrira ces rencontres documentaires en posant les bases d’une observation corrélant le regard et l’écoute que l’on peut porter au cinéma documentaire.

L’accueil du public et l'ouverture des rencontres documentaires aura lieu dans la grange de l’atelier des papetiers, entre les presses à papier et le projecteur.

17:15 : Lancement de l’atelier Tourné/Monté
Le tourné/monté est une vieille technique de réalisation cinématographique bien connue des premiers vidéastes. Son principe? Filmer ses plans d’un trait continu. Nous avons choisi d’adapter cette technique en l’allégeant de ses grosses contraintes de préparations. Le vidéaste allume et coupe la caméra lorsqu’il obtient à l’image ce qu’il souhaitait avoir. Lorsqu’il a filmé son plan, celui-ci doit faire passer la caméra à un autre participant, en prenant le soin de lui expliquer les consignes de cette drôle de pratique.
A l’issue des Rencontres Documentaires, c’est sans montage que nous visionnons ce film tourné collectivement! Une belle démonstration d’une réalisation commune!

17:30 : Projection de Flacky et camarades ou le cheval de fer réalisé par Aaron Sievers, 2011 (1h46) en présence du réalisateur.

Entre Lens, Sallaumines et Lievin (Pas-de-Calais), des stages de formation et de réalisation de cinéma direct ont été mis en place par Pierre Gurgand et l’Institut National d’Education Populaire entre 1976 et 1983. La remise en vie de ces filmages a été confiée, après le décès de Pierre Gurgand en 2003, à Aaron Sievers : « Il s’agissait tout d’abord d’extraire la parole des mineurs, d’extraire leur mémoire et la remonter à la lumière. On prend le temps de s’asseoir avec eux au bistro du coin, pour bavarder… Et boire un coup ou écouter un poème… écouter les récits du travail, la haine, le combat… et leur amour aussi. Dans le souffle difficile des voix de silicosés, ce qui persiste avant tout, c’est cette mémoire de Flaczynski, Flament, Jules et Marguerite Grare, les Debarge, le rire de Paul Beaulieu, les femmes de mineurs polonais, le résistant Moreels et les autres syndicalistes dont on ne sait pas les noms. »
Extrait : https://vimeo.com/180605517

19:00 : Repas et DJ set de musiques contemporaines de Yan Begbeider et Lê Quan Ninh

20:00 : Discussion avec Aaron Sievers
Ce moment privilégié avec le réalisateur est un temps d’échange, de débat, de questionnement ou de remarques qui sera animé par Maude Soubeyrand

// Samedi 19 juin
Tout au long de la journée, stand de fabrication d'un fanzine, et présence de la caméra participative.

09:00 : Gymnastique du filmeur
Initiée par Jean Rouch, enseignée à Nanterre et développée par Jean-Louis le Tacon, la gymnastique du filmeur autrefois nommée “cours facultatif de gymnastique pour les opérateurs”, s’affirme comme les prémices d’une méthodologie de la “ciné-transe”.
Quoi de mieux comme préambule pour la deuxième journée de rencontres documentaires que d’un réveil qui « favorise [la] disponibilité des cinéastes face aux manifestations les plus imprévues de l’action filmée, tout en permettant la réalisation de plans fixes stables et de plans en mouvement d’une grande fluidité » comme le préconisait Jean Rouch!
Baptiste Buob. De la ciné-gym à l’ethnographie cinématique en passant par la ciné-transe. Serge Le Péron; Frédéric Sojcher. Cinéma à l’université. Le regard et le geste, 2020.

10:00 : Présentation de l’exposition des 20 ans du Polygone Étoilé par Kiyé Simon Luang et Bastien Michel
Fort d’une vingtaine d'années d’existence, le polygone Étoilé nous invite à découvrir par le biais d’une exposition, conçue par Olivier Derousseau vingt années de travail mettant en lumière un geste artistique appliqué par les habitants de Marseille et une pédagogie initiée par les fondateurs de Film flamme de 1996 à 2015. Ce geste, confier des caméras 16 mm et des enregistreurs sonores à des habitants marseillais, sans formation, sans écriture ni scénario préalables, part du principe que le cinéma est une langue « déjà là », une langue commune. Il se veut aussi un manifeste, dans la continuité de l'Éducation populaire tout en en renversant la position hiérarchisante. L’ensemble des films de trois minutes, le temps d’une bobine, mis bout à bout dans l’ordre du tournage, constitue une œuvre collective et anonyme : «  La subtile mémoire des humains du rivage  ». (Film Flamme)

12:00 : Repas et DJ set de musiques contemporaines de Yan Begbeiderer et Lê Quan Ninh

13:00 : Projection Écrans ouverts
Les Écrans ouverts sont l’espace de liberté de projection dont chacun dispose pour projeter un travail abouti, ou non, qu’il aurait réalisé et qu’il souhaite partager avec le public. Il faut que les films que vous souhaitez projeter nous soient adressés sur un support USB, DVD ou numérique à l’adresse suivante contact@ryoanji.asso.fr

15:00 : Les femmes de Belcourt, Hassan Lakdari (travail en cours)
Les femmes de Belcourt est un travail en cours de réalisation, dont les images déjà tournées seront projetées pour alimenter une discussion autour de ce cheminement historique, politique, social mais surtout intime ; qu’a traversé le réalisateur Hassan Lakdari dans l’écriture de ce court. C’est par le biais du prisme féminisé dû à sa cohabitation avec ses trois soeurs que le cinéaste tente d'affronter les démons passés du combat pour l’indépendance de l’Algérie de sa famille et de ses parents, habitants du quartier de Belcourt à cette époque.

17:00 : Pause café, buvette

18:00 : Projection de Correspondances de Laurence Petit-Jouvet, 2010 (0:53”) en présence de la réalisatrice
Des femmes de la diaspora malienne, vivant à Montreuil en Seine-Saint-Denis, s’adressent dans une "lettre filmée" à une personne de leur choix, réelle ou imaginaire. Des femmes de Bamako et de Kayes au Mali s’en inspirent ensuite librement pour réaliser à leur tour leur "lettre filmée". Chacune était invitée à parler de son travail, chacune a saisi cette occasion pour dire ce qui est important pour elle. Toutes ont participé aux étapes successives de la fabrication de ces courts métrages, dans le cadre d’ateliers de création audiovisuelle menés en France et au Mali par Laurence Petit-Jouvet. L’ensemble forme un film qui enjambe les distances, fait résonner ces voix qui expriment les frustrations, les passions, la résistance de ces femmes.

19:00 : Repas

20:00 : Conversation avec Laurence Petit-Jouvet

// Dimanche 20 juin
09:00 : Gymnastique du filmeur


10:00 : Présentation du travail de Maya Deren et de son documentaire Divine Horsemen, animé par Maude Soubeyrand ainsi que de son travail autour du vaudou et du cinéma documentaire.
Du film inachevé de Maya Deren Divine Horsemen, The Living Gods of Haiti à la visite d'un groupe de vaudouisants Haïtiens en Creuse, la réalisatrice questionne les enjeux propres au cinéma documentaire de montrer un rituel à l’image. C’est en retraçant les différentes rencontres, les différentes expériences sur un territoire ainsi que le récit de celles et ceux qui se sont déjà, par le passé, frottés à ces questionnement qu’un discussion animée s’appuyant sur ses propres rushs viendront remettre en question l’action de filmer et de montrer des images ritualisées.

12:00 : Repas

13:00 : Projection de l’atelier Tourné/Monté

15:00 : Visite des ateliers de papeteries
Bruno et Laurence Pasdeloup, papetiers artisanaux à partir de fibres végétales vous invitent à découvrir et visiter leurs lieux et matériels de travail artisanaux. Cette papeterie est l’un des derniers remparts d’une mémoire et d’un savoir-faire qui tend de plus en plus à disparaître. C’est également grâce à la générosité de ces deux artisans que les premières rencontres documentaires se déroulent dans un lieu à la fois emblématique d’un savoir-faire et atypique.
https://www.papier-artisanal.com/qui-sommes-nous/

16h00 : Le grand Bal de Laetitia Carton, 1h39, 2018
« C’est l’histoire d’un bal. Un grand bal. Dans le bocage bourbonnais, au mois de juillet, depuis plus de vingt-sept ans, qu’il pleuve, qu’il gadouille, qu’il vente ou sous le soleil, on y danse, on y danse, pendant sept jours et sept nuits. Tous en rond, nous sommes plus de deux mille, toutes générations confondues, du nourrisson à l’octogénaire. On y parle aussi plusieurs langues. On vient de partout. Ça tourne, ça virevolte, ça piétine, ça transe, ça transpire, ça rit, ça pleure, ça chante, ça joue, ça suinte, ça vit.
J’y danse aussi. Mais cette année je vais aussi y faire un film. Tenter de partager, rendre visible ce tourbillon pour qui ne le connaît pas. »
Film vivant et explosif, consistant à l’amorce d’une initiation au bal trad pour clôturer la première édition des rencontres documentaires.

17h30: Buvette et initation au bal trad'